Chante, danse et mets tes baskets, chouette…
juin 17, 2009 at 1:21 Laisser un commentaire

Mamie Yvonne me l’a toujours dit : « Sortir en boite, ça déchire grave sa race ! »
Comme je n’aime pas toujours contrarier les membres de la famille, je me suis dégagé de mon canapé, laissé mon plat de lasagne surgelé et éteint l’épisode de « The Shield » que je regardais. Mon samedi soir tranquille s’est ainsi transformé en terrain d’expérimentation familiale.
Je rejoins donc les amis, bois quelques verres (de jus de fruit, évidemment), grignote un peu, rigole beaucoup, et hop, pars vers la zone expérimentale : le Bataclan, un soir de Crazyvores. Première constatation : il est 1h du matin et je suis épuisé ! Et oui, passé un certain âge, il ne faut plus compter que sur la caféine pour maintenir sa forme (non, pas de substance bizarro-illicites).
Deuxième constatation une fois arrivé sur place : il y a trop de monde à mon goût et trop de chaleur dégagée (oui, l’homme consomme, respire, sue et transpire). Nous nous frayons un chemin dans la foule, retrouvons des têtes connues et assumons nos responsabilités sociales :
- « Hey, comment ça va ? » (traduction : « on a du s’embrasser une fois, j’avais bu, je ne me rappelle plus ton nom »)
- « Tiens, justement, j’espérais te croiser là » (traduction : « mince, tu m’as retrouvé ! J’avais pourtant tout fait pour ne pas te recroiser ton chemin ! »
- « Hahahaha, ça me fait trop plaisir de te voir ! » (traduction : « j’aimerais bien aller draguer là, mais tu me tiens la jambe depuis 15min… Dégage maintenant ! »)
- « Je reviens tout de suite !» (traduction : « J’espère pouvoir fuir assez loin pour ne pas que tu me retrouves ! »)
Pendant ce temps, les amis font leur vie : pendant que l’un retrouve sa langue dans la bouche d’un autre, l’autre se fait la malle pour rentrer se coucher. Une seule solution, méthode kamikaze : foncer dans le tas et danser joyeusement au milieu de la foule inconnue en s’efforçant de paraître à l’aise. Si la technique repose sur un constant effort d’auto-persuasion et de confiance en soi, le soufflé peut retomber à n’importe quel moment.
“Vouuuleeeez-vouuuus (ah-ha)
Take it now or leave it (ah-ha)
Now is all we get (ah-ha)
Nothing promised, no regreeeeets”
Et là, une main tape mon épaule. Je me retourne, il me sourit. Je m’attendais à tout sauf à le voir là. Il me dit qu’il est heureux de me voir, qu’on ne s’était pas vu depuis septembre, qu’il s’est installé à Paris il y a un mois et que c’est dingue quand même quand se croise là. Et voilà le deuxième effet KissCool des soirées au Bataclan : on finit toujours pas retrouver un ex-copain et jamais celui auquel on s’attendait. En le revoyant, difficile de revivre les 6 mois passés ensemble et d’en oublier la fin. Je me demande ce que Mamie Yvonne aurait dit à cette occasion !
On passe le reste de la soirée à discuter, rire, danser… jusqu’à un improbable mais inévitable baiser d’au-revoir. Je rentre chez moi, encore surpris par ce dernier geste, et me mets dans mon lit. On ne m’y reprendra plus !
La prochaine fois que j’écouterai les conseils de Mamie Yvonne, ça sera pour sa recette de quiche aux poireaux!
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